EDITO

LE FIL HEBDO DU 24 NOVEMBRE.

Parler sans employer d'anglicisme revient à annoncer le " Vendredi noir " ! Noir comme les nombreuses annonces attirant notre attention sur les possibles arnaques dont nous pourrions être les victimes. Comme pour tant et tant d'actes commerciaux, il nous faut exacerber nos sentiments de méfiance. Nous souhaiterions que cet Édito soit léger en vous offrant des nouvelles ensoleillées, gaies ou sympathiques. Délicat de trouver dans l'actualité de ce monde ce type de satisfactions…Et pourtant, ce serait bien là notre désir le plus fou !

Nous apprenons que les règles du concours de l'Eurovision vont changer. Cette compétition se déroulera en mai 2023, au pays des Beatles, Liverpool la bien nommée. Mais là aussi, il y a des soupçons de tricherie, certains pays se sont entendus pour s'attribuer mutuellement leurs points lors de la dernière édition. Dans le monde de la chanson commerciale, encore quelques " magouilles frics ". Rien de positif là encore.

Environ 500 migrants ont été secourus en mer au large de la Crète. Athènes lance un appel à la « solidarité » européenne pour leur prise en charge. Cette fois-ci ils étaient 500, combien seront - ils demain ? Mais pour l'instant, un rayon de soleil vient d'éclairer quelques noirceurs de la vie.

François Alu quitte l'Opéra de Paris, un choix périlleux pour le danseur étoile. Il a convenu avec l'Opéra national de Paris d'engager ensemble les formalités de départ, mais ne ferme pas la forme à de futures collaborations avec le ballet dirigé par José Martinez.

Le célèbre contre-ténor montpelliérain, Yann Golgevit, a des projets plein la tête. Avant de partir pour une tournée au Brésil, il va notamment chanter le 30 novembre pour SOS Méditerranée. Une bonne action qui met du baume au cœur.

Une bonne nouvelle qui aide la misère ambiante, la Banque Alimentaire de l'Hérault vient de récolter 260 tonnes de vivres en deux jours 1/2. Rayons de soleil pour des familles en précarité. Solidarité, un terme à inscrire sur tous les frontons de tous les édifices publics.

Philippe Raybaud.

LE FIL HEBDO DU 20 NOVEMBRE.

Résurrection, un grand de la chanson française revient sur le devant de la scène, Polnareff version " piano voix " prépare une tournée pour 2023. De quoi se rendre compte que cet artiste de 78 ans n'a rien perdu de son talent. Et même s'il s'agit de reprises de ses plus grands succès, il a " tant de choses à dire " !

Ne faudrait-il pas envisager une campagne de vérification de la vue chez certains chasseurs ? Confondre un sanglier et un humain semble bien étrange ? À moins que le dépistage de substances illicites ne soit nécessaire, non tout de même, nous n'oserions pas croire cela. 

La coupe du monde de football devient une mascarade où argent et politique s'entremêlent, bien loin des valeurs du sport et d'éthique que cette activité devrait véhiculer. Racisme, homophobie, corruption, règles d'un autre temps se côtoient et rien n'est terminé. Mais que nous réserve encore ce cirque gigantesque ? Pourtant, beaucoup souhaiteraient une victoire française. Alors allez les bleus, boycotteurs ou non ! 

Nous apprenons que cet hiver, nous risquons de manquer d'électricité. La maintenance des réacteurs ayant pris du retard,  ils ne vont que lentement redémarrer, au mauvais moment. À l'heure des promotions d'engins électriques à tout va, c'est étrange, cela interpelle bon nombre d'entre nous. 

De quelque côté que l'on regarde, de par le monde règne ce climat de guerres permanentes. L'humanité entière vit dans la terreur. Serait-ce bien cela être frères ? 

Les prises de pouvoir sous coups d'État sont légion, les discriminations vivent de beaux jours, et nos espérances de paix fondent comme neige au soleil.

 

Chez nous, notre région se déchire pour une ligne de train, les coquillages de l'étang se portent bien, la culture est en deuil suite au décès de Alain Campos. Le peintre demeurant à Sète nous a quittés.  

La météo prévoit aussi quelques jours de soleil, nous pouvons encore aller nous balader sur la plage, le soleil le sable, la mer…Détente assurée. 

Philippe Raybaud

LE FIL HEBDO DU 16 NOVEMBRE.

Un collectif se forme pour lutter pour la planète. Cela se passe au pays des rillettes, et ils demandent l'arrêt complet de la mythique course des vingt-quatre heures du Mans. On peut leur souhaiter bon courage. Soyons certains que leurs détracteurs argueront que les sports mécaniques engendrent des milliards d'euros de bénéfices, font travailler un nombre incalculable de gens…certes, mais demander la baisse de quelques degrés de chauffage paraît bien surréaliste, nous claquerons des dents, tandis qu'eux deviendront des concurrents de l'impensable. Il en faut des utopistes, ils réussissent parfois à faire bouger les consciences. 

D'un côté, les pour désireux de respecter les traditions, de l'autre les contres refusant les sévices endurés par les taureaux. La corrida et son lot d'adeptes et les amoureux des animaux se retrouvent dos à dos ! Surchauffe en vue à l'assemblée. 

EHPAD, des enquêtes en cours et des perquisitions. Même après des années de labeur, de tracas et de vie parfois difficile, les "anciens " ne sont pas tous épargnés. Dramatique de ne pas pouvoir finir de vivre en paix. Certains endroits sont devenus des pompes à fric alors qu'ils devraient être des havres de paix et de sérénité. 

Faire réparer, ne plus jeter ! Désormais, nous allons toucher un bonus pour ne plus mettre au rencard la cafetière de Mamie, ou le robot de tante Odette. Sympa, mais cela devrait coûter plus ou moins 410 millions jusqu'en 2027. Bonne idée ? Seul l'avenir le dira. Et les " gros rouleurs " coûteront à la collectivité plus ou moins 1,5 milliard. La fête du portefeuille, mais en fait, les aides sont effectives et peut-être salutaires. 

Nous en Occitanie, un weekend par mois, le TER nous coûtera 1 € 00. Sympa, écologique et pas cher. À Sète, les enfants seront privés de cantine ce jeudi pour cause de grève, le ministre de l'Écologie est alerté au sujet des tilleuls, Escale à Sète a battu tous les records d'affluence et Demi-Portion part à la conquête des cinq continents…En avant la musique. Tout va pour le mieux…

Philippe Raybaud

LE FIL HEBDO du 10 novembre. ( Philippe Raybaud )

Solex rimerai-t-il avec Rolex ? Un industriel français essaye de relancer la mode de l'iconique " Vélo Solex " en version électrique. Si le pari est réussi, nous pensons que le non moins célèbre homme de publicité s'écrira alors : " Sans solex à trente ans, tu as raté ta vie " ! Passons, chacun est libre de s'imposer les critères de son choix pour savoir comment réussir sa vie. 

Un paquebot " géantissime ", flottera en 2024 et sillonnera les mers du globe. Plus de trois cents mètres de long, sept mille cinq cents personnes à bord. La première croisière prévue affiche complet. Il est vrai que ce monstre possèdera 7 piscines, des salles de concerts, des restaurants, des casinos, des aires de jeux…Et silence radio sur les émissions de CO2, les quantités astronomiques de carburant nécessaires pour que ce géant se meuvent sur les flots. Et bien sûr, on ne cite pas le personnel de bord honteusement sous-payé parce qu'étranger…Bref, si la croisière s'amuse, nous sommes très nombreux à ne pas en rire. 

Le sport peut rapporter gros en tennis comme dans d'autres sports. Nous n'aurons pas l'outrecuidance de révéler les sommes empochées récemment par la championne française. Primo parce que d'autres s'en sont déjà chargés, secundo par ce que nous, citoyen lambda ne savons pas compter jusque-là. Nous saluons tout de même cette prestation et ce match sans doute époustouflant, à ce prix-là, notons que nous pourrions reboiser bien des kilomètres de forêt landaise meurtrie. 

À Sète, la vie coule paisiblement ! Les bancs publics ont récemment manifesté de manière pacifique, José Bovet leur apporte son soutien pour sauver les tilleuls de la place Aristide Briand, les daurades ont enfin pointé leurs ouïes, et les pêcheurs s'en donnent à cœur joie. Les travaux continuent et perturbent les lignes de cars, la ligne 6 est gratuite. Les jardins de l'école des beaux-arts vont être réaménagés, et une pluie timide est venue perturber une ou deux soirées. Mais malgré les baisses de température, ici, nous n'avons pas encore besoin de pull ou de doudoune !

Philippe Raybaud.

LE FIL HEBDO DU 5 NOV 2022

Les tournesols de Van Gogh  à la sauce tomate, d'autres grandes œuvres à la purée de carottes ou de pommes de terre, voilà des actions qui interpellent. Pendant ce temps-là, aux portes de nos vies, des enfants meurent de faim.

Humanité, où vas-tu ?

L'Assemblée nationale se révolte pour des propos inhumains, certains s'indignent, d'autres soutiennent, l'hémicycle serait-il devenu une cours de récréation où tout est permis ?

Des autoroutes sans attente aux péages, mais les queues s'allongent aux bornes de paiements, la bonne solution serait-elle née pour s'acquitter des droits de passage. Nous pouvons une fois encore nous questionner.

Une justice trébuchante, la gifle présidentielle sanctionnée de quatre mois de prison ferme tandis que le chauffard ivre, tuant un piéton marchand sur un trottoir écope d'une peine de 3 mois avec sursis.

Humanité, où vas-tu ?

De Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, près de 140 concurrents vont tenter de parcourir la distance en moins de sept jours, quatorze heures et vingt et une minutes. Le gagnant battra le record et s'adjugera la victoire de la route du Rhum. Le départ prévu ce dimanche est retardé, en cause une météo plus que défavorable. 

Pendant ce temps-là, dans notre belle île singulière, l'accès aux urgences de l'hôpital est limité, pour cause de manque de personnel. Passer par le " 15 " est un impératif pour atteindre ce service. Les soignants de la policlinique entament une grève et défilent dans les rues.

Les huîtres de l'étang de Thau seraient-elles véritablement malades ?

La température inflige de ressortir pull et doudoune, mais à part cela, " tout va très bien, madame la Marquise ". Heureusement, il nous reste quelques sketchs de Devos, Bedos ou Coluche, et pour les plus anciens, nous rirons avec Fernand Raynaud ou Robert Lamoureux et sa chasse au canard.

Philippe Raybaud.

LE FIL HEBDO 3 NOVEMBRE

Tandis que Sète voit son flot de touristes fleurir la tombe de Georges Brassens, les travaux dans les cimetières de la ville vont reprendre. Tout comme ceux du pont du quai des Moulins que certains nomment déjà le pont " Manitas ", du nom du conservatoire.

Nous apprenons que le thon rouge se porte à merveille en Méditerranée, animal pouvant atteindre jusqu'à 600 kilogrammes et vivre près de trente ans.

Pierre Soulages, célèbre peintre, sétois d'adoption est honoré dans la cour des Invalides, en présence de nombreuses personnalités dont Monsieur le Président de la République et Madame.

Nous atteignons des records de population carcérale, et les faits divers, plus sordides les uns que les autres, ne cessent de se répéter dans l'hexagone.

Dans le monde, nous déplorons une soirée Halloween tragique, un pont qui s'écroule dès sa réouverture après des mois de maintenance et toujours cette horrible guerre à nos portes. À noter également le retour aux affaires d'un ancien président, ceci au Brésil.

Le moindre mal, quelques motifs de colères supplémentaires restent à craindre, lorsque l'on apprend que les plages risquent de ne pas être surveillées durant l'été 2024, Jeux olympiques obligent.

France télévision, met en place le feu tricolore de la consommation d'énergie, dès le rouge atteint, il nous faudra économiser notre électricité ! Il n'est pas dit que nous devrons éteindre notre téléviseur !

Nous noterons tout de même une certaine inquiétude par rapport au changement climatique, mais pour l'heure, profitons de ces rayons de soleil salvateurs, de cette mer aux températures exceptionnelles, et de cette douceur printanière.

Philippe Raybaud.

LE FIL HEBDO

Pour ce Fil Hebdo, la réflexion porte sur une polémique qui va sans doute aucun faire couler beaucoup d'encre. Les Jeux olympiques de 2024 seraient en passe de faire de l'ombre à la Culture ( avec un grand C ). En période estivale, nombreux festivals et manifestations théâtrales ou autres  devraient ne pas avoir lieu, faute de disponibilité des forces de l'ordre, concentrées sur les lieux d'activités sportives. Les uns s'en réjouiront, les autres seront mécontents. Autres sujets de discorde, les réservoirs d'eau en construction...

Mais finalement, il nous semble opportun de rappeler que le monde se sent mal, du Brésil à l'Ukraine, du Liban à la  Libye, des États-Unis au Royaume-Uni, et nous en passons. 

Alors nous devrions relativiser nos petites douleurs, nos stériles querelles de clocher, et nous consacrer à découvrir les valeurs enfouies au plus profond de nous.  

Une balade en forêt vous permettra de découvrir les trésors de l'automne. Nichés aux creux des herbes folles ou fougères dorées, les cèpes se plaisent sur des sols acides, sous couvert de bois feuillus où ils vivent en harmonie avec les racines des châtaigniers, des chênes et des hêtres. On les rencontre souvent à l’orée de la forêt. Cette activité vous mènera loin des tracas quotidiens de cette vie trépidante et de ce monde renversé.

Chez nous, les pêcheurs sétois, habituellement massés sur les bords du canal, ne sont plus légion, les daurades leur font faux bond. La pointe Courte se voit envahie par les méduses mortes suite à la haute température de l'eau.

Et malgré les nombreuses controverses à propos du changement d'heure, profitons des bienfaits du soleil et des températures inhabituelles pour la saison. Cherchons la lumière du bien-être, et sachons penser, ensemble que tout ira mieux demain.

Philippe Raybaud.

Victor Hugo, reviens !

A la suite des émeutes de juin 1848 qui ensanglantèrent les débuts de la Seconde République, les théâtres parisiens furent fermés. Cette clôture qui semblait devoir se prolonger indéfiniment, était une calamité de plus ajoutée aux autres calamités publiques. La ruine des théâtres était imminente. Victor Hugo proposa d'allouer une aide financière spéciale pour les sauver:

"Ce que je veux, ce n’est pas du bruit, comme vous dites, c’est du pain ! du pain pour les artistes, du pain pour les ouvriers, du pain pour les vingt mille familles que les théâtres alimentent ! Ce que je veux, c’est le commerce, c’est l’industrie, c’est le travail, vivifiés par ces ruisseaux de sève qui jaillissent des théâtres de Paris ! C’est la paix publique, c’est la sérénité publique, c’est la splendeur de la ville de Paris, c’est l’éclat des lettres et des arts, c’est la venue des étrangers, c’est la circulation de l’argent, c’est tout ce que répandent d’activité, de joie, de santé, de richesse, de civilisation, de prospérité, les théâtres de Paris ouverts. Ce que je ne veux pas, c’est le deuil, c’est la détresse, c’est l’agitation, c’est l’idée de révolution et d’épouvanté que contiennent ces mots lugubres :

Les théâtres de Paris sont fermés ! Je l’ai dit à une autre époque et dans une occasion pareille, et permettez-moi de le redire : Les théâtres fermés, c’est le drapeau noir déployé.

Eh bien, je voudrais que vous, vous les représentants de Paris, vous vinssiez dire à cette portion de la majorité qui vous inquiète :

Osez déployer ce drapeau noir ! osez abandonner les théâtres ! Mais, sachez-le bien, qui laisse fermer les théâtres fait fermer les boutiques ! Sachez-le bien, qui laisse fermer les théâtres de Paris, fait une chose que nos plus redoutables années n’ont pas faite ; que l’invasion n’a pas faite, que 93 n’a pas faite ! Qui ferme les théâtres de Paris éteint le feu qui éclaire, pour ne plus laisser resplendir que le feu qui incendie ! Osez prendre cette responsabilité !

Messieurs, cette question des théâtres est maintenant un côté, un côté bien douloureux, de la grande question des détresses publiques. Ce que nous invoquons ici, c’est encore le principe de l’assistance. Il y a là, autour de nous, je vous le répète, vingt mille familles qui nous demandent de ne pas leur ôter leur pain ! Le plus déplorable témoignage de la dureté des temps que nous traversons, c’est que les théâtres, qui n’avaient jamais fait partie que de notre gloire, font aujourd hui partie de notre misère.

Je vous en conjure, réfléchissez-y. Ne désertez pas ce grand intérêt."

 Extrait de : "Actes et Paroles - I " de Victor Hugo (Œuvre du domaine public mise en ligne par Atramenta)

Arrêtons de pleurnicher

La pandémie risque de faire de nouveaux et terribles ravages dans les semaines à venir. La situation exceptionnelle et gravissime dans laquelle nous entrons doit nous amener néanmoins à faire preuve d'humilité. Nous connaissons encore très mal ce virus en mutation rapide. Personne ne peut dire qu'il a toutes les compétences et toutes les données en main pour affirmer que les décideurs font des mauvais choix pour combattre le virus ou du moins le contenir. Ceux qui ont à gérer cette crise font ce qu'ils peuvent. Qui peut affirmer sérieusement qu'il ferait mieux à leur place?

De la pénurie de masques au démarrage poussif de la vaccination, j'ai souvent déploré les ratés de la gestion de la pandémie. Je me suis étonné de certaines décisions qui pouvaient paraître illogiques, arbitraires ou improvisées. J'ai mis en cause la lourdeur et le manque de réactivité de l'administration. Mais aujourd'hui, je me refuse à relayer les injures, les procès d'intention et les divagations complotistes qui circulent dans les réseaux sociaux.

Je condamne les irresponsables qui organisent des fêtes illégales. Je trouve inadmissible que des sectes organisent au nom de Dieu des cérémonies religieuses sans aucune précaution sanitaire. Enfin si je peux comprendre la détresse des restaurateurs et la nécessité de les aider, je ne peux pas cautionner ceux d'entre eux qui ouvrent des salles au risque de créer de nouveaux foyers de contamination. Pour l'heure, la désobéissance civile, les polémiques et les manifestations, pour un oui ou pour un non, ne servent qu'à compliquer ou à aggraver les choses.

J'ai toujours été du côté de ceux qui défendent la justice sociale, la liberté, le droit de marcher à contre courant plutôt qu'à contrecœur. Je fais parti de ces français rebelles par atavisme. Mais aujourd'hui on parle de vie et de mort. Il nous faut respecter les consignes. Il nous faut rester solidaires et disciplinés en attendant l'arrivée des armes pour nous battre : vaccins et traitement pour lesquels nos dirigeants doivent tout mettre en œuvre pour en accélérer la livraison.

Pensons à ceux qui ont connu les tranchées de 14-18 ou les camps de concentration de 39-45. Pensons à ces 4 milliards d'humains qui sont sous le seuil de pauvreté ou sous le joug de la dictature.

Ne pas partir au bout du monde pour quelques jours de vacances est encore supportable. Ne pas sortir après 18h permet de retrouver du temps pour ses enfants, pour lire ou se divertir en regardant la télé. Ne pas aller dans les grands centres d'achat permet de consommer un peu moins, ce n'est pas si mauvais pour la planète …et plutôt bon pour notre portefeuille.

Le bilan de la crise devra être fait, mais à la fin de la pandémie quand nous aurons enfin retrouvé une vie normale.

Des pendules devront être remises à l'heure. Des leçons des erreurs accumulées depuis des décennies devront bien évidemment être tirées. De nouvelles politiques devront être mises en œuvre.

C'est aussi à ce moment que nous devrons renvoyer l'ascenseur aux jeunes qui sont restés solidaires de leurs aînés ainsi qu'aux soignants et obscurs soldats du quotidien, ceux qui nous auront permis de survivre pendant cette période exceptionnelle.

En attendant, cessons de pleurnicher. Soyons responsables.

Jacques Carles



La Cocotte-Minute siffle

Après les ratés pour les masques et ceux pour les tests de dépistage, la mise en place chaotique de la vaccination désespère nos concitoyens. La France se ridiculise par ailleurs aux yeux du monde. La presse étrangère a même trouvé un nouveau nom pour notre pays : l'Absurdistan.

De fait, l'année 2021 commence mal. Les atermoiements du pouvoir vont se traduire par davantage de décès liés à la pandémies. Les dépôts de bilan et les suicides vont se multiplier. Davantage de chômeurs viendront remplacer les gueules cassées des guerres d'autrefois.

En 2006, le pays de Pasteur était encore le premier du classement EHCI (*) qui évalue les performances des systèmes de santé européens. En 2018, avant la crise du Covid, la France ne figurait déjà plus dans les 10 premiers. En décembre 2020, Bloomberg classait la France au 34ème rang dans son évaluation de la gestion de la crise sanitaire par les différents pays.

Cette dérive mortifère n'est pas liée à la qualité de nos médecins. Celle-ci reste reconnue dans le monde entier : par exemple le patron de Moderna, le laboratoire américain à l'origine du premier vaccin anti-covid, est Français. Nos infirmières et l'ensemble des soignants ne sont pas davantage responsables, bien au contraire, leur dévouement empêche le système de s'effondrer.

La descente aux enfers de notre système de santé n'est qu'une illustration du problème plus global du déclin de la France. Le phénomène touche tous les secteurs, de l'industrie à l'agriculture en passant par le commerce et l'enseignement.

Le mal vient d'abord de notre bureaucratie et des redondances administratives. Ceux qui sont chargés de la mise en œuvre des politiques publiques sont beaucoup trop nombreux, à tous les échelons. La France ne sait plus faire de vaccin mais elle est imbattable pour produire des doublons dans nos 35357 communes, nos 1 001 communautés de communes, nos 223 communautés d'agglomération, nos 21 métropoles, nos 13 communautés urbaines, nos 18 régions, nos 101 départements et autant de préfectures.

Tout le monde s'occupe de tout mais plus personnes n'ose prendre ses responsabilités. La langue de bois a remplacé le français et le parapluie est devenu le principal outil de travail. Cette redondance administrative a aussi un coût : malgré sa moindre population, la France dépense 97 milliards d'euros par an de plus pour ses services publics que l'Allemagne.

Paradoxalement, nous manquons malgré tout de fonctionnaires sur le terrain : pas assez d'infirmières, d'aides soignantes, de policiers, de professeurs, de médiateurs culturels et sportifs pour encadrer la jeunesse, etc. Par contre, la décision symbolique de réduire le nombre de parlementaires a été reportée aux calendes grecques contrairement aux Italiens qui ont entériné par référendum la baisse de 30% du nombre de leurs députés et de leurs sénateurs.

Le mal français, source de gaspillage et de dysfonctionnement, c'est la suradministration au plus haut sommet de l'État. Plus grave encore, avec le développement du "pantouflage", l'énarchie et la haute fonction publique gangrènent à présent les grandes entreprises d'états et peu à peu celles du privé, entrainant, avec les mêmes pratiques bureaucratiques, la sclérose et la perte de compétitivité de l'économie toute entière.

Le Président de la République se trouve dans la même situation que Louis XVI avant la révolution française. La haute administration a remplacé le haut clergé. La classe politique, pléthorique et dotée de privilèges incompréhensibles, a remplacé la noblesse. Les caisses de l'État sont vides, l'endettement est abyssal, la fiscalité est écrasante, les inégalités et l'insécurité ne cessent de croître, la jeunesse se retrouve sans perspective d’avenir.

Le Président de la République va devoir endosser la responsabilité des erreurs accumulées depuis 50 ans par les dirigeants successifs. Il va devoir agir, vite et fort pour lutter efficacement contre la pandémie et au-delà redresser la France.

Un escalier se balaye en commençant par le haut. S'il ne veut pas être balayé lui même aux prochaines élections, il va lui falloir se hisser au niveau d'un Clémenceau ou d'un Churchill.

Les dirigeants sont élus pour diriger et pour agir, non pour avoir peur de leur ombre.


Jacques Carles



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(*) HCI : Euro Health Consumer Index

A contre-courant plutôt qu'à contrecœur

Lors de la première vague de la pandémie, chacun sentait bien que l'origine profonde de nos maux n'était pas ce minuscule virus de 10 nanomètres de diamètre mais bien plutôt l'inconscience écologique des hommes.

De nombreuses espèces vivantes disparaissent mais cette perte de biodiversité, paradoxalement, favorise le développement des microbes qui pullulent plus que jamais1.

Le saccage de la planète pour satisfaire notre appétit de consommation est alors apparu clairement comme suicidaire. Dans une économie mondialisée, nous avons aussi pris conscience des effets pervers de la recherche du gain à court terme.

Nous avons découvert notre dépendance vis à vis de l'étranger pour des biens indispensables à notre survie : masques, médicaments et nombre de produits de base. Nous avons enfin réalisé que ceux qui assuraient les services essentiels à la marche du pays étaient les plus mal payés.


L'unanimité s'est faite au plan national. Elus et dirigeants de tous bords ont assuré qu'ils allaient œuvre aux profondes réformes nécessaires et changer de cap. Les citoyens eux-mêmes semblaient prêts à modifier leurs comportements. Nous avons cru à la possibilité d'un "monde d'après", plus solidaire, plus responsable, plus désirable.

Hélas, au sortir de la deuxième vague, malgré plus de 50.000 décès, les signaux se multiplient qui annoncent le retour en force du "monde d'avant".

Les retraites, les 35 heures, l'ISF et les thèmes précédant la crise sanitaire redeviennent d'actualité. Pour 2021, le gouvernement table sur un déficit de 7% du PIB. Pour combler le trou, la créativité des technocrates est donc de nouveau sollicitée pour imaginer de nouvelles taxes, des impôts qui ne disent pas leurs noms. Dans le même temps l'Allemagne réduit ses dépenses et mise sur un retour à l'équilibre budgétaire dès 2022.

La « République des camarades » déjà dénoncée par Clémenceau, reste éternelle. Les anciens ministres de Hollande, ceux de Sarkozy et les opposants professionnels qui occupent la scène depuis des décennies reviennent sur les plateaux de télé.

Même le plastique et le jetable ont retrouvé une nouvelle jeunesse avec les masques, les blouses, les écrans de protection en plexiglas, etc. La loi du début de l'année interdisant les pailles et les couverts à usage unique semble bien loin.

Avec l'annonce du premier vaccin contre le Covid-19, les cours des bourses se sont envolés à Paris comme à New-York. Les groupes pharmaceutiques ont flambé en premier mais tous les autres ont suivi. Air-France KLM en hausse de 30% annonce ainsi le retour des affaires et des touristes du monde d'avant. A peine déconfinés, ils s'apprêtent à partir à l'autre bout de la planète, dans un hôtel cinq étoiles avec piscine, à quelques centaines de mètres d'un bidonville où 10 000 personnes manquent d'eau potable. D'autres plus modestes iront dans quelques mois s'entasser sur les plages de notre beau Languedoc. Ils contempleront les flots bleus d'une Méditerranée qui agonise sous les déchets mais trouve encore le moyen de servir de sépulture aux migrants venus d'Afrique.

En attendant ces vacances de rêve, l'économie est devenue la nouvelle urgence de ce mois de décembre. Le déconfinement s'accélère. Noël se prépare. Le foie gras et le champagne seront bientôt en rupture de stock. Le réveillon sans couvre-feu de la saint Sylvestre relancera la troisième vague. A temps pour permettre aux laboratoires pharmaceutiques de mieux écouler les millions de doses de vaccin et d'assurer le retour de leur investissement.

L’espoir que tout change s'éloigne.

Je fais malgré tout partie de cette poignée d'optimistes qui croit que l’humain redeviendra un jour la priorité de notre monde. En attendant, mieux vaut aller à contre-courant qu'à contrecœur.

Jacques Carles

1 J.Carles et Michel Granger. L'Apogée, l'Avenir en Perspective.