Les petits monuments de Pierre Nocca

 En parlant des œuvres de ce sculpteur sétois, les deux mots ne sont pas contradictoires. D'autant que dans son œuvre, Pierre Nocca (1916-2016) a décliné toutes les acceptions du mot monument. Mais les neuf sculptures que l'on peut voir à la galerie Dock-Sud jusqu'au 31 juillet ne nécessitent pas un champ d'horizon démesuré. Pourtant, elles animent l'espace, tout en mouvement et expressivité.

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Des monuments (constructions durables, de proportions imposantes), celui que ses proches appelaient "Piérou" en a édifié. A Montpellier, peu savent que le monument aux Martyrs de la Résistance sur l'Esplanade ou le bronze statufiant Jaurès que l'on côtoie distraitement sont ses œuvres. Pourtant, le bloc d'énergie rayonnante de son "Jaurès" annonce les qualités de l'artiste.

Elles sont confirmées par ses réalisations sétoises : l'équilibre tout en force de son "Ajustaïre" ou le mouvement maîtrisé du poulpe, le "pouffre" de la place de l'Hôtel de ville. Il est vrai que celui qui donne forme au bronze ou au laiton repoussé semblait éligible au prix de Rome, lors de son passage aux Beaux-Arts de Paris. Après la mer et les bateaux de la ville natale, il avait gagné, avant la capitale, Montpellier. Mais il allait s'illustrer à Paris dans un tout autre domaine : lors de la seconde guerre mondiale, après la défaite, il entre dans la Résistance et participe à la libération de la "ville lumière".   

Pierre Nocca était titulaire de la Croix de guerre. Et puis, occupant un atelier à la cité d'artiste la Ruche, il a habité à Saint Germain des prés. La Ruche démolie, il se rapproche du Languedoc et, de 1965 à 1985, il enseigne à l'école des Beaux-Arts de Sète.

A la Galerie Dock Sud jusqu'au 31 juillet 2019 à Sète, une exposition des sculptures de Pierre Nocca

Passé le seuil de la galerie Dock-Sud, on est accueilli par un escargot de mer hors-norme (220x100x170 cm) en laiton repoussé qui donne le ton à l'exposition. Le mouvement de torsion de la coquille de l'animal s'équilibre avec la montée de la pointe dressée de la coquille. Et le laiton s'éclaire d'or sous les spots. Et comme l'art doit mener du visible au sensible, le titre de l'oeuvre est "Aboli bibelot", renvoyant aux résonances sonores de Mallarmé. Le Murex comme écho de la "grande bleue".

Les formes rayonnantes de "l'Athéna" renvoient à la chouette de la divinité athénienne ; sagesse pensive. On peut se laisser séduire par "Le chat Kinou" manifestant l'attention du félin aux aguets. Et puis, la "Danseuse" a tout pour séduire.

Courbes, équilibre, mouvement, cet objet-là est une fête pour les sens. Peut-être moins (selon les goûts) pour "Etude en S", cette vénus plus statique, toute en lignes courbes. La Licorne est plus exubérante, emportée vers un espace indéfini. Mais on ne quittera pas la salle sans méditer devant "Orphée", statufié en buste (50x39x26cm). Sa tête est à demi penchée. Son visage, en traits et en angles, rappelle les masques des cultures primitives. Dans quelle nostalgie, dans quel songe s'est plongé le poète ? 

Si l'on veut pour un temps échapper au bord de l'eau et à la rage de Phébus, on peut s'offrir, grâce à Pierre Nocca, de vraies réjouissances. Celles de l'oeil et de l'esprit.  

Hervé Le Blanche

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Lancement du MoCo en présence du Ministre de la Culture

Le ministre de la Culture, Franck Riester, était en visite dans l'Hérault, Montpellier le matin, Sète ensuite ce samedi 29 juin 2019.

Le projet-phare de Philippe Saurel

Ce matin, aux côtés de Philippe Saurel maire et président de la métropole de Montpellier, de nombreux élus et du directeur du MoCo Nicolas Bourriaud, le ministre de la Culture Franck Riester s'est rendu à l'inauguration officielle de l'hôtel des collections du MO.CO. Montpellier Contemporain, centre d'art contemporain en plein cœur de Montpellier, près de la gare Saint-Roch.

Trente œuvres sorties du Japon pour accompagner le nouveau centre d'art contemporain

Au sein de l'hôtel particulier rénové par l'architecte Philippe Chiambaretta, l'hôtel de Montcalm est une des trois composantes du Moco avec La Panacée et l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts. L'homme d'affaires japonais Yasuharu Ishikawa a prêté sa collection  privée relevant de l'art conceptuel des années 60 à nos jours, l'exposition « Distance intime. Chefs-d'œuvre de la collection Ishikawa » rassemble des œuvres récentes d'une douzaine de grands noms de l'art contemporain et se tiendra jusqu'au 29 septembre 2019.

L'exposition intitulée « Distance intime. Chefs-d'œuvre de la collection Ishikawa » sous le commissariat confié à Yuko Hasegawa, directrice artistique du Musée d'Art Contemporain de Tokyo 

MO.CO. Hôtel des collections
Espace d’exposition dédié aux collections du monde entier

13 rue de la république, 34000, Montpellier
Du mardi au dimanche de 12h00 à 19h00 - Tarifs 8€ et 5€ - gratuité pour les précaires
Fermeture des espaces d’exposition à 22h00 (juin, juillet et août)
Fermeture de la billetterie à 20h00 (juin, juillet et août)

Expo Richarme jusqu'au 23 juin

RICHARME, une œuvre aux multiples visages : après le corps humain traité à la plume ou en lavis d’encre au musée Atger tout l’automne, une déclinaison de ses gouaches marines au bord du Salagou.

De Montpellier à Octon, jusqu'au 23 juin 2019

Le thème est déroulé à partir des pochades de terrains de 1949 à toute heure du jour et par tous les temps. Puis, sont évoquées la Bretagne et la Charente, avant de sublimer l’élément marin dans de grandes gouaches et encre qu’elle réalise à plus de 80 ans.

En 1947, dans un poème, elle écrivait :

Du moi marin l’abîme incommensurable en sommeil

Je voudrais aussi faire naître la merveille 

La merveille est à voir jusqu’au 23 juin, tous les après midi de 15h à 19h au village des Arts d’Octon non loin du lac du Salagou.

Pour en savoir plus : http://www.richarme.fr/de-vagues-et-decume-richarme-dialogue-avec-la-mer/

Table ronde historique 100 artistes dans la ville - mai 70

Du 8 juin au 28 juillet 2019, La Ville de Montpellier vous propose cette année une ZAT (Zone artistique temporaire) exceptionnelle, à l’occasion de l’ouverture du MOCO, seul centre d’art contemporain public à ouvrir en Europe en 2019.L’image contient peut-être : texte

100 artistes dans la ville – ZAT 2019 s'inspire de la manifestation internationale organisée en 1970 par le groupe d’artistes montpelliérains ABC Productions (Tjeerd Alkema, Jean Azemard, Vincent Bioulès et Alain Clément) qui avait donné lieu à une vaste exposition dans l’espace urbain.

Une table ronde sur l’histoire de ce projet 100 artistes dans la ville, mai 1970 à Montpellier, sera organisée, le jeudi 6 juin à 18h30 à La Panacée, par le MO.CO. Montpellier Contemporain, en partenariat avec le Musée Fabre, en présence de Vincent Bioulès, Alain Clément, Noël Dolla, Daniel Dezeuze et Henri Talvat. 

Table ronde animée par Stanislas Colodiet, conservateur responsable du département « milieu XIXe siècle à l’art contemporain » et du service multimédia du Musée Fabre, et Manon Gaffiot, auteure du mémoire de recherche intitulé : « 100 artistes dans la ville Montpellier Mai 70, les conséquences de l’engagement ». Cette rencontre permet de rendre hommage aux artistes de cette première édition, et aux membres d’ABC Productions, les initiateurs de ce grand projet.

Jeudi 6 juin, 18h30
La Panacée, 14 rue de l'Ecole de Pharmacie, Montpellier 
Entrée gratuite (dans la limite des places disponibles) 

Plus d'informations sur la ZAT 2019 → www.zat.montpellier.fr

Vincent Bioulès, peintre abstrait et singulier

Mercredi 19 juin à 18h30

Ne manquez pas la conférence des Ambassadeurs du Musée Fabre, proposée par la Ville de Clapiers, avant la visite de l’exposition Vincent Bioulès " Chemins de traverse"  peintre du Pic Saint-Loup qui se tiendra au Musée Fabre à l’occasion d’une grande rétrospective du 15 juin au 6 octobre 2019.


Bientôt, un hommage au peintre contemporain montpelliérain

L’exposition reviendra sur ses expériences radicales au sein de l’avant-garde des années 70 et insistera sur la singularité de son rapport au motif et à la figure. Parenthèse ou pas de côté, la pratique de l’abstraction nourrit les grandes compositions figuratives dans lesquelles l’artiste célèbre son attachement à son environnement quotidien et aux paysages méridionaux. Au travers de peintures des places urbaines et de son atelier, du littoral et de l’arrière-pays montagneux, Bioulès construit une géographie intime et poétique, solaire et méditerranéenne.

Entrée libre
Salle Jean Malige
Espace Culturel Jean Penso à Clapiers

Scènes de tauromachie flottante

Au Centre Culturel Bérenger de Frédol à Villeneuve-lès-Maguelone l'exposition est organisée par L’Artothèque de Montpellier, on peut encore contempler jusqu’au 12 avril 2019 quelques œuvres plus ou moins anciennes de Viallat.

Quelques scènes de « tauromachie flottante » 

Tauromachie flottante, paradoxe ou oxymore, mais qui voudrait relier, sur le plan de la forme, la légèreté qui se dégage de l’estampe, à la gravité immanente de la tauromachie. Simplicité du dessin d’un côté, son aspect dansant ou aérien ; et de l’autre, la gravité lourde du sujet représenté, sa pesanteur écrasante.

Ubac et adret, qui sont les deux côtés, l’ombre et la lumière de la tauromachie, motif artistique dont on sait l’importance pour Claude Viallat. Ce motif qu’il a rebattu sans cesse, incessamment réapparu dans son œuvre, que l’on se demande s’il n‘est pas en quelque sorte à l’origine de sa peinture – une manière de cellule génétique dont les multiples variations, progressions et métastases ont rendu visible/invisible.

Hypothèse de journaliste, de chercheur ou d’amateur d’art, imaginaire ou réelle peu importe, tellement elle pourrait sembler évidente, et surtout commode, à celui qui ne cesse d’observer et de suivre le travail artistique de Claude Viallat : tauromachie omniprésente, vue et revue dans des œuvres multiples dont elle est le sujet renaissant, le sujet scandant.  

Interrogez l’homme et il ne vous dira probablement pas qu’il s’agit là d’un simple motif parmi tant d’autre. Que la tauromachie n’est qu’un outil de travail, un prétexte opportun ou congruent d’une situation déterminée de peinture ou d’humeur créative.
En revanche, interrogez-le sur son rapport général à l’art, sur son travail d’artiste, sur les mille et une manières qu’il a de peindre, de sculpter, ou de nouer et dénouer cordes, ficelle et bouts de bois, et il vous dira probablement que l’objet, la couleur, le fragment précaire dont il se sert, ne sont que les différents prétextes infimes, improbables, les signes arbitraires, auxquels il a fallu répondre par une sorte d’impulsifs gestes du corps.

La multiplicité des œuvres de Claude Viallat

Tauromachie mise à part - peut être seul sujet expressif du peintre, dans la mesure pour le moins qu’il dit le plaisir, la culture prégnante, et l‘attrait sensuel ressenti – l’œuvre artistique de Claude Viallat échappe à toute espèce de discours explicatif ou narratif qui serait en quelque sorte suggéré ou pré-donné. Derrière les œuvres produites, cherchez l’homme, sa personnalité, l’expression de son rapport intime au monde, son intériorité camouflée, et vous ne trouverez rien d’autre, sinon à nouveau, l’œuvre en elle-même : la visibilité de cette dernière est l’envers de l’invisibilité de celui qu’il l’a mise au monde.  

 

 

 

les Couleurs du Sud, thème de la rétrospective consacrée  en 2014 à l'artiste du mouvement artistique Supports-Surfaces des années 70 qui retraçait 50 ans de création au musée Fabre à Montpellier

 

Tel bout de bois sculpté et forgé par la nature et sur lequel Claude Viallat a seulement apposé deux points de couleurs ne raconte rien d’autre que le geste de la main, la courbure du dos, les genoux qui ont fléchi pour le récupérer ; tel lambeau de corde nouée aux deux extrémités, lesquelles sont peintes en rouge pour l’une, bleu pour l’autre, et rendu en quelque sorte à sa position naturelle, jeté comme on jetterait un dé au sol, ne représente rien, ne dit rien, sinon le mouvement du corps qui l’a restitué à l’espace dont il est originaire.

L’œuvre artistique de Viallat se poursuit ainsi sur la même ligne sous-jacente que celle qui a donné naissance, en 1969, au mouvement artistique Support/Surface, créé par lui et quelques autres : Daniel Dezeuze, André-Pierre Arnal, Vincent Bioulès, Louis Cane, Patrick Saytour….et dont l’objectif était de rendre à l’œuvre d’art son indépendance et sa liberté « sui generis ».
A l’heure où tout voudrait nous faire tendre vers le sens transcendant ; où le monde entier nous oblige à devenir quelqu’un ou quelque chose, une volonté, un engagement, un souvenir… ; où la raison, exsangue en vérité, tente d’enserrer dans ses mailles les choses, les discours et les hommes ; où les discours font taire les corps ; l’œuvre de Viallat apparaît comme un viatique - qui est le don des Grands ! - pour celui qui voudrait retrouver de quelque manière l’innocence du monde – et la sienne propre.

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Musée Fabre : ‎Cycle de conférences : La Peinture française en huit séances

Conférence "Les Primitifs français (XVème siècle)"

Dans le cadre du cycle de conférences : "La Peinture française en huit séances, de la Renaissance à la Révolution (XVème – XVIIIème siècle)"

Du 9 avril jusqu’au 4 juin 2019, le musée Fabre propose un cycle de conférences gratuit sur l’histoire de la peinture française, présenté par Pierre Stépanoff, conservateur du patrimoine et responsable des collections de peinture et de sculpture de la Renaissance à 1850.  En partant des œuvres iconiques du musée, ce cycle de conférences propose de parcourir quatre siècles d’histoire de l’art français. Il présente les transformations des formes et du goût, les changements du statut accordé à la peinture mais également l’évolution de ses commanditaires comme de son public.

Le programme : 
9 avril – Les Primitifs français (XVème siècle)
16 avril – L’École de Fontainebleau et la Renaissance (XVIème siècle)
30 avril – Simon Vouet et la peinture sous Louis XIII (1620 – 1650)
7 mai – Nicolas Poussin (1594 – 1665)
14 mai – Louis XIV et Versailles (1650 – 1715)
22 mai – La Régence et la Rocaille (1715 – 1760)
28 mai – Le Goût à la grecque, de Vien à David (1760 – 1789)
4 juin – La Peinture française sous la Révolution et l’Empire (1789 – 1815).

Ces conférences d’une durée d’une heure ont toutes lieu au sein de l’auditorium du musée, de 18h30 à 19h30.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

J.R. Bessil, peintre du groupe Montpellier-Sète

cvbnP1040919Bénédicte Pialat est parisienne. Elle entretient le souvenir de son grand-père Jean Raymond Bessil, peintre estimé, qui a été un temps directeur de l'école des Beaux-arts à Montpellier. Mais il était issu d'une très ancienne famille sétoise. Lui-même bâtira sa vie à Montpellier avant de se retirer près du lac du Salagou à Octon. Et Bénédicte Pialat parle avec tendresse et admiration de son grand-père, saisi par l'art de peindre.

 A Paris, Mme Pialat est en quelque sorte "facilitatrice" auprès des TPE et des start-ups. Elle intervient lors de la mise sur pied des budgets et les mises aux normes dans le domaine social.

L'arrière petite-fille de J.R. Bessil.

Travail prenant et difficile à une époque qui, chaque jour, voit la précarisation des salariés gagner. Très attentive à la postérité de l'œuvre de J.R. Bessil, elle se souvient du temps de sa chambre à l'étage dans la grande demeure de la rue Lapeyronie et en 1986-87, "les vingt ans à Octon". Octon où elle reviendra pour les vacances.

Octon au paysage préservé aujourd'hui et où J.R. Bessil avait aménagé une vraie thébaïde dans une maison acquise vers 1968-69. Sur la place du village, non loin de l'ancien presbytère, aujourd'hui le restaurant La Calade, le peintre allait donner une âme à la maison "des Mages", clin d'œil à Giono. Là, il rencontrait Jacques Arnaud et sa femme Adeline. Arnaud, l'ami de la jeunesse à Sète quand les étudiants faisaient figure de "jeunesse dorée" auprès des gens du quartier haut.

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Eux ne borneront pas leur horizon à Sète. Ils feront médecine, seront avocat, "monteront" à Paris. Jean Raymond Bessil s'éloignera de sa famille après le remariage de son père, à la suite du décès de sa mère. Et il fut peintre.

 Il eut des amis proches comme le sculpteur Derpies l'architecte des "Mages", ou le psychiatre poète Jean Sanchez, lui aussi installé à Octon où il repose près de Bessil dans le petit cimetière. Mais s'il eut des amis et ne dédaignait pas la baignade, J.R. Bessil était possédé par son art. Peignant dès le matin et au long de la journée. La musique stimulait sa création (Debussy, Ravel). Mais s'il "peignait, peignait", il ne se privait pas de raconter quelques bonnes histoires sétoises.

Celles dont la saveur et la malice suscitait gaîté et rires. Il a peint jusqu'à la fin de sa vie, même atteint de la maladie de Parkinson. Mais il avait conservé le regard critique ; il était sans illusion sur ses dernières productions. S'il détruisit des toiles, ce ne fut pas toujours par égarement de l'esprit. Aujourd'hui, l'oubli s'est fait sur l'œuvre de certains peintres du groupe Montpellier-Sète.

Des œuvres de Bessil dorment dans les réserves des musées. La maison d'Octon a été vendue. Si l'intérieur a peu changé, elle a perdu son âme. Symbole du temps passé, la vigne vierge du mur prolifère, bloque l'ouverture des volets.

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Il est des amateurs qui apprécient les harmonies subtiles de Bessil. Sa passion n'a peut-être pas disparu. A 23 ans, Rosalie, son arrière-petite-fille, mène une démarche artistique indépendante. A côté d'un emploi à mi-temps, elle peint, expose, vend parfois. Esprit de famille ?

David Djordjevic, l'homme de l'Art.

 Le jeune homme de Montpellier est devenu un artiste. Il vit de plus en plus à Sète où il est accueilli à la galerie Dock-Sud car ses œuvres trouvent place dans le mouvement de l'art contemporain tel qu'il s'est déployé après 1945. Rencontre singulière de ces œuvres riches d'humanité avec celles du mouvement qui voulait retrouver, au delà  de toute convention, l'expression brute de la sensibilité des hommes.

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 David Nicolas Joseph Djordjevic n'a pas suivi les cours de l'école des Beaux-arts. Passé le bac S, il a été conduit par d'autres aspirations que les études scientifiques. Priorité à l'horloge interne. Et dans son for intérieur, il cherchait à comprendre pourquoi la communication était difficile avec l'Autre. Problème qu'il tenta de résoudre en suivant des études de psychologie.

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Pour se faire entendre, ne faut-il pas comprendre ceux à qui on s'adresse ? Etudes décevantes car trop générales, sans doute peu opératoires. Et ce fut l'abandon en fin de master. Car une autre voie s'était ouverte, plus favorable à l'expression d'une vive sensibilité et d'une personnalité en devenir. Peindre, c'était déjà se construire en "s'appropriant un espace de vie". De plus, peindre était un moyen privilégié d'expression et apportait du plaisir. Alors, la peinture est devenue "quelque chose de nécessaire".

Et la démarche fut confortée par des visites aux musées et l'apport de l'œuvre de Mathieu et de l'abstraction lyrique. L'influence du peintre Mathieu fut marquante pour sa structuration solide qui donne équilibre et harmonie à ses œuvres. Plus généralement, l'abstraction lyrique ouvrait la voie à la couleur, la lumière, la liberté.

 Cette liberté d'expression que David Djordjevic développa le conduisit à faire sa jonction avec de grands artistes non conformistes, comme ceux qui, après guerre, veulent jeter "par-dessus bord tout patrimoine culturel" et puiser leur inspiration dans "des formes non contaminées par les normes et conventions de l'Occident". Comme le groupe CoBrA (dont Alechinsky, connu en France), au voisinage de Jean Michel Basquiat. Les œuvres de D. Djordjevic interpellent le spectateur : à pleine pâte, à pleines mains, il a dressé sur la toile les totems de l'espèce humaine.

Ces personnages aux têtes zoomorphes sont tabous. Ils sont emblématiques de l'espèce humaine, valeur sacrée s'il en est.

Sans doute sont-ils mortels, mais certains tableaux mexicains et les "fêtes de la mort" de ce pays nous disent que cela peut ne pas être effrayant. Et les tons bruts des couleurs accompagnent  personnages et situations. Le rouge du sang humain cerne les silhouettes, rougit la victime de "La fin d'un combat", les os du trépassé qui doit franchir l'Achéron. Le fond du "Djinn ailé" est d'un jaune solaire. Celui de "La rencontre" montre un bleu profond, lumineux, d'une forte joie intérieure.

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 "Le demi-dieu"surgit de l'éclaboussement des couleurs du monde.

A 25 ans, David Djordjevic étonne : il éveille en nous des émotions primordiales. Celles qu'il a ressenties et qu'il nous transmet.

Hervé Le Blanche

Pierre Soulages a fêté ses 99 ans

 Pierre Soulages est, à 99 ans, le plus grand artiste français contemporain encore en vie. L’artiste, né à Rodez en 1919, a fêté ce lundi 24 décembre ses 99 ans.

La Fondation Gianadda à Martigny, qui célébrait cette année ses 40 ans et son 10 millionième visiteur, l'exposait jusqu'à fin novembre en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris. "Une Rétrospective" était le titre de l'exposition présentant un ensemble de peinture appelées " les outrenoirs"associé depuis la fin des années 1940 à l'art abstrait.

Il est particulièrement connu pour son usage des reflets de la couleur noire, qu'il appelle « noir-lumière » ou « outrenoir ». Ayant réalisé plus de 1 700 toiles dont les titres sont pour la plupart composés du mot « peinture » suivi de la mention du format, il est un des principaux représentants de la peinture informelle.

Le 15 novembre 2018, après que sa toile, Peinture 186 x 143cm, 23 décembre 1959 se soit vendue à 11 millions de dollars, soit 9,6 millions d'euros, (battant le record de l'année précédente) à New York, il devient le premier artiste français vivant à dépasser la barre symbolique des dix millions de dollars, intégrant ainsi un club très fermé.

L’exposition  "Pierre Soulages, œuvres sur papier " est ouverte du 4 Décembre  jusqu'au 31 Mars 2019 au Musée Soulages de Rodez (Aveyron).

Pour plus de détails sur sa vie d'artiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Soulages 

Pour la vente aux enchères au profit de l'école des Beaux Arts de Sète

120 artistes mobilisés !e samedi 27 octobre 2018

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120 artistes – anciens élèves – se sont mobilisés pour la vente aux enchères au profit de l’école des Beaux-Arts de Sète. Une première, organisée par la prestigieuse maison de vente Artcurial, qui se déroulera samedi 27 octobre 2018 au théâtre Molière.

Parmi les artistes qui ont fait don d’une œuvre, des noms connus comme Robert Combas, Céleste Boursier-Mougenot, Hervé Di Rosa, Glen Baxter, Jean Denant, mais aussi de nombreux jeunes artistes contemporains.

Une exposition de l’ensemble des œuvres précédera la vente aux enchères.

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Le projet des Beaux-arts : l’essentiel En mai dernier, le Maire François Commeinhes dévoilait un projet d’envergure pour l’école des Beaux-arts de Sète. D’une part une rénovation complète à hauteur d’1,3 million d’euros pour conserver ce joyau sétois en coeur de ville à flanc du mont Saint- Clair. D’autre part, l’organisation d’une vente aux enchères d’anciens élèves au profit de l’école. Quatre mois après ce lancement, c’est déjà un beau succès.

120 artistes ont répondu favorablement faisant don d’une ou plusieurs oeuvres. Parmi eux, des peintres, sculpteurs ou plasticiens de renom mais aussi de jeunes artistes contemporains aux inspirations et styles très divers. Un projet fédérateur réunissant la Ville, l’équipe de l’école des Beaux-arts, l’association « Les amis des Beaux-arts » (LABAS) et la maison de vente d’oeuvres d’art Artcurial. Une exposition et une vente Tableaux, dessins, gravures, photographies, estampes, sculptures : 115 lots ont été rassemblés.

Ils seront exposés à l’ancien collège Victor Hugo vendredi 26 octobre de 9 h à 21 h. Exposition qui se terminera samedi 27 en fin de matinée. La vente aux enchères aura lieu le même jour à partir de 14 h au théâtre Molière. Organisée par la prestigieuse maison française Artcurial, la vente sera menée par Maître Stéphane Aubert. La Ville de Sète prenant en charge la totalité de la rénovation de l’école, la somme récoltée servira à l’embellissement du parc entourant les lieux avec pour projet de créer des espaces de travail en extérieur pour les élèves. Poursuivre l’histoire de l’école Cette vente aux enchères inédite dans le monde de l’art s’inscrit dans l’histoire de l’école qui fut justement fondée, en même temps que son musée, en 1891 par le biais de “souscriptions” d'artistes et d'entrepreneurs de la région.

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Depuis, la Ville et ses artistes n’ont cessé d’enrichir le patrimoine culturel de l’île singulière avec le Miam, le Musée Paul Valéry ou encore le CRAC pour ne citer qu’eux. La participation des artistes pour contribuer à la restauration d'une école d'art est donc un geste tout à fait symbolique. Avant la fin de l’année, un architecte sera choisi afin de mener à bien les travaux de rénovation. Le chantier devrait ensuite débuter en septembre 2019 pour une durée de deux ans. Agrandie par la famille Chauvain au tout début du 20e siècle, la bâtisse affiche encore aujourd’hui fièrement son style “art-nouveau”.

Afin de respecter ce pan de l’histoire artistique et architecturale sétoise, l’école et la Ville ont émis le souhait commun de conserver l’esprit des lieux. Philippe Saulle directeur des Beaux-Arts : “Une perspective d'excellence pour l'enseignement de l'art” “Le calme de l'endroit et l'élégance du décor imposent le respect permettant aux étudiants de s'isoler ou de flâner dans le parc.

C'est une école à taille humaine dont les murs ont, depuis 200 ans, accueilli les joies et les doutes de nombreux artistes. Restaurer un site aussi fragile, aussi rare, offre une perspective d'excellence pour l'enseignement de l'art, la recherche, la réflexion, la création.”

Ouvrages de référence

Le guide contournable
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.» Amazon

 

Artistes : mieux vendre vos oeuvres

Produire un travail artistique de qualité ne suffit pas pour en vivre. Vendre son art est un véritable métier et les démarches à accomplir sont nombreuses. Il faut notamment : se faire connaître, trouver des financements, des partenaires, des clients, les fidéliser, choisir une structure juridique, établir les déclarations légales, gérer ses ventest...

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