Scénario pour demain

Un clip vidéo inspiré du livre de Jacques Carles et Michel Granger

Les bouleversements qui nous attendent dans les décennies à venir seront tels qu'ils conduiront à une refondation de la civilisation humaine. Cette dernière vidéo de la chaîne YouTube "Penser le Futur" présente la synthèse des milliers de signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain.

GRAINES D'ETERNITE

Actualités • LES PRODUCTIONS DU GOLEM

Les Editions Des Rosiers publient "Graines d'éternité ".

Cet ouvrage de la poétesse et philosophe Claude Cohen-Boulakia s'ouvre sur une phrase essentielle : "Tout ce qui est, est ce qui doit être "...

Le ton est donné et la question philosophique essentielle est posée.
Ce livre est né après l'arrivée du Coronavirus 19, pendant le premier confinement. L'idée essentielle de désir d'éternité chère à Claude Cohen Boulakia s'est tout simplement imposée dans ce contexte particulier.
L'homme, avec sa prétention à maîtriser la nature, à tout dominer, à parcourir toujours plus vite la planète, a lui même provoqué le déferlement mondial de ce virus.
Nous sommes responsables de nos choix, de notre appréhension de Eros et Thanos.
La morale de cette œuvre est positive : la vie est là, saisissons-la.
L' éternité est la vie et non un fantasme. La mort n'est pas inscrite dans le projet de la vie.
Un intense bouillonnement philosophique servi par un style poétique : voilà le génie de cet ouvrage ou plutôt de son auteur...
Les mots fleurissent, explosent, rebondissent comme des quantités de petites graines qui construisent notre éternité.

Marie-Thérèse Nègre

Claude Cohen-Boulakia a été interviewée sur Radio JFM 94.8 par Léa Moscona
Pour écouter l'interview cliquez ici 

La mémoire oubliée des "Rouges" de l’étang de Thau

«Gibraltar, Un Pont entre deux Mondes» est une revue au luxe discret et audacieux, loin du papier glacé et de la frime ostentatoire de certaines parutions. La couverture au charme élégant offre au premier regard une qualité d’impression rare, on y devine la prouesse technique dans ses caractères en relief et une volonté affichée de cohérence et d’harmonie dans le graphisme et le choix des couleurs. Les dossiers qui y sont développés en prés de 180 pages sont de nature à satisfaire le lecteur curieux et exigeant par leur précision et la qualité de l’écriture. Gibraltar sort des sentiers battus pour aborder des thèmes inattendus et les traiter dans un parti-pris de clarté, sans dogmatisme ni moralisme. Le numéro 9 vient de paraître, il présente un grand nombre de dossiers, enquêtes, récits...

La mémoire oubliée des "Rouges" de l’étang de Thau
Ce récit de François de Mones et Annabelle Perrin nous rappelle un épisode des mouvements sociaux nés dans les années suivant l’effervescence de Mai 68. Des revendications qui ont abouti à la distribution de 340 concessions conchylicoles sur l’étang de Thau. Pour faciliter l’installation, la coopérative conchylicole des Cinq Ports a été créée. Ce type d’économie sociale et solidaire a permis à bon nombre d’exploitants de vivre correctement mais aussi de transformer durablement ce site exceptionnel. Mais «après un âge d’or dans les années 1970 et 1980 le métier est devenu de plus en plus difficile» constatent les auteurs. Les comportements individualistes ont eu raison des «rêves d’utopie réaliste». Les problèmes liées à l’urbanisation autour de l’étang, aux changements climatiques, aux conséquences du marché mondialisé, assombrissent un peu plus les perspectives. «Dans les années 1990, il y avait 800 conchyliculteurs dans tout l’étang de Thau répartis sur 2 400 tables... Aujourd’hui il n’y en a plus que 450. Le nombre de pécheurs est quand à lui passé de 800 à 200 mais seule une cinquantaine en vivrait réellement» précise Raymond Serveille, témoin de cette évolution. Mais «le bassin possède encore des atouts exceptionnels et les idées ne manquent pas pour lui permettre de retrouver son dynamisme» déclare Denis Regler, directeur du comité régional conchylicole de Méditerranée. Les conchyliculteurs exploitent à présent de nouvelles pistes pour donner au secteur un nouvel éclat «c’est possible, tous les ingrédients sont là pour que ça reparte», ajoute-t-il, en guise de conclusion optimiste.

 La revue comporte de nombreux autres récits, dossiers, enquêtes. Feriel Alouti rappelle un épisode dramatique de 1943, la rafle du Vieux Port de Marseille et la destruction du quartier. Un certain nombre de survivants et de descendants de victimes veulent que la justice se penche sur cette histoire et la qualifie de crime contre l’humanité. Marseille mais aussi Tanger, Barcelone, Lisbone, Gabès, Le Caire sont le cadre d’histoires politiques, culturelles, environnementales... d’un intérêt évident. Une enquête d’Hacène Belmessous met en parallèle deux villes, Béziers et Perpignan, «en déshérence au temps de l’extrême droite», et qui «ont abandonné le vivre-ensemble au profit d’un entre-soi qui pourrait s’avérer dévastateur».
Sur un autre registre, Santiago Mendieta raconte l’exploit de quatre aquanautes. En juillet 2019 Laurent Ballesta, Yannick Gentil, Antonin Guilbert et Thibault Rauby à bord d’un module pressurisé ont réalisé quelques quatre cents heures de plongée à grande profondeur, jusqu’à 140 mètres. Les observations, les prélèvements, les mesures, les images qu’ils en ont ramené grâce à leur équipement mais aussi à leur courage en font une aventure scientifique au bilan hautement positif.
D’autres chapitres sont encore à découvrir dans ce numéro 9 de «Gibraltar», revue particulièrement riche et originale, disponible sur le site ou dans toutes les bonnes librairies. Michel Puech

Hauts Lieux de l'Histoire dans l'Hérault

Avec le confinement et les restrictions de sortie en distance et en temps, certains découvrent ou redécouvrent, dans ce «tourisme local», au cours de leurs balades près de chez eux, des sites qui restent les témoins d’évènements s’inscrivant, autant dans quelques anecdotes mémorables que dans certains épisodes de l’histoire, petite ou grande. Le livre de Raymond Alcovère parait donc à point nommé, car il retrace l’histoire de certains endroits, monuments, paysages, ou autres, suffisamment emblématiques pour mériter l’attention et la curiosité. De ses déambulations dans Montpellier il note quelques lieux dont il raconte le passé. Il nous rappelle que la ville a connu, comme à présent, quelques restrictions, la peste ayant sévi durant plusieurs siècles. La ville était dotée d’un «capitaine de santé» dont la mission était de faire respecter les règles d’hygiène et de propreté, et de rassembler dans les étuves, dont la rue du même nom perpétue la présence, les malades pour les isoler. Cette histoire résonne particulièrement en ces temps de pandémie.
 Mais la ville a bien heureusement connu des périodes plus favorables. Du XIVème au XVIIIème siècle elle fut renommée pour l’art du parfum, sa spécialité en était «l’eau de la reine de Hongrie», à base de fleurs de romarin. Elle comptait de nombreuses parfumeries, essentiellement concentrées rue Saint Guilhem, Grand’rue et Faubourg de la Saunerie. Elle fut , au XVème siècle la première place commerciale et financière du midi, grâce, en grande partie, à Jacques Coeur, «argentier du roi, maître des monnaies, receveur des taxes du sel, commissaire aux Etats du Languedoc, ambassadeur, génial administrateur, mécène, constructeur...» Il fit construire l’Hôtel des Trésoriers de France, plus tard appelé le Palais Jacques Coeur qui abrite depuis 1992 le Musée Languedocien. La réputation de la ville repose également sur ses liens avec la médecine, en témoigne sa riche et vénérable université.
 De nombreux autres lieux de la ville sont ainsi évoqués ainsi que leur histoire, ou certains évènements les concernant, tels la Place Jean Jaures, l’Eglise Notre Dame des Tables, l’Hôtel de Sarret, le Peyrou, le château du domaine de Bonnier-Mosson, la villa Argentine, le Rockstore... Autant de lieux que d’histoires étonnantes et passionnantes.
 Raymond Alcovère nous promène ainsi dans tout le département de l’Hérault, faisant étape du littoral aux hauts cantons, au Pic Saint Loup, à Enserune, Maguelone, Saint Guilhem, Sète, Minerve, la grotte des Demoiselles, Villeneuvette ... Et tant d’autres lieux, emblématiques ou plus confidentiels, mais cachant tous dans les plis de leur histoire quelques faits marquants dont l’auteur relève l’intérêt. Un ouvrage précieux pour la connaissance de notre département.
Michel Puech

Raymond Alcovère : Hauts Lieux de L’Histoire dans l’Hérault

Editions Le Papillon Rouge

Histoires Retrouvées de la Guerre d’Espagne de 1931 à nos jours

La Guerre d’Espagne est sous les feux de l’actualité avec le film de Aurel, «Josep». En fait elle ne les a pas quitté, tant la violence de ce conflit a généré de traumatismes. De nombreux ouvrages relatent les évènements de cette période bien agitée, mais Santiago Mendieta en fait un récit particulièrement détaillé et vivant à partir de documents relatifs à des épisodes notoires ou peu connus et dressant le portrait de certains acteurs avec précisions sur leur «destinée tragique ou hors du commun». Il dresse d’abord le portrait sans concessions du principal acteur, Franco, pâle personnage quelque peu sournois, à l’ambition «féroce», obsédé par l’ordre, l’honneur et la discipline. L’auteur confesse la difficulté à cerner le vrai tant El Caudillo a brouillé très tôt les pistes, tout obnubilé qu’il était à créer sa propre légende.

D’autres personnages centraux sont évoqués, telle Dolores Ibarruri qui porte le surnom de Pasionara et qui clama haut et fort cette injonction qui deviendra le cri de ralliement de tous les insurgés futurs, «No pasaran !». Magnifique figure de la résistance dont le courage, la lucidité et le dévouement poussent à l’admiration.

Santiago Mendienta nous relate avec force détails la prise de pouvoir de Franco mais aussi ce qui précède et ce qui suit. Il nous conte les expériences du Fronte Popular et son ambition de sortir nombre d’espagnols, pour la plupart ruraux, de leur misère et de leur isolement. Nous suivons avec lui «les missionnaires de la joie», groupes de jeunes militants et d’artistes, dans leurs périples à travers le pays, avec leurs maigres bagages, pour prôner une culture populaire à travers le théâtre, la littérature, la peinture... Stupéfiante aventure qui fut stoppée brutalement par la violente offensive des putschistes. Il nous raconte les hésitations de Blum qui finira par accepter un pacte de non intervention que les dictateurs -Hitler, Mussolini, Salazar- trahiront allègrement pour aider l’armée de Franco et lui permettre de vaincre.

Chaque chapitre met en exergue un personnage ou un évènement. Dans une écriture claire et précise, ce livre passionne par tant d’érudition et de science narrative, apportant au lecteur un immense plaisir de lecture et un grand nombre d’informations.

Michel Puech

Santiago MENDETA Histoires Retrouvées de la Guerre d’Espagne de 1931 à nos jours
Editions Le Papillon Rouge

Peintres du Golfe du Lion

Ariane Ascaride avait dénoncé, avec ses mots choisis et son extrême délicatesse, la légèreté avec laquelle  le président Macron avait annoncé les mesures prises pour lutter contre la pandémie, confinement et fermeture de certains lieux. «Monsieur le Président, hier soir, devant la télé, je vous écoutais avec une grande attention, mon espoir, bien avant l’allocution, était réduit à néant, mais ce qui fait un trou à mon âme est l’absence dans votre discours du mot "Culture". Pas une fois, il n’a été prononcé...» écrit-elle. «...Aujourd’hui, je suis perdue. Je sais, je veux le croire, les lieux de culture ouvriront à nouveau et on pourra retourner dans les librairies acheter un livre, qu’on glissera dans la poche de son manteau comme un porte-bonheur, un "porte vie" . Hier soir, quelque chose s’est brisé dans mon cœur. Je ne sais pas bien quoi. Peut-être l’espérance...» écrit-elle plus loin. Espérons que la culture sorte de ce brouillard brouillon et absurde. Les librairies vont enfin pouvoir ouvrir et offrir au public leurs rayons plein de rêves, de voyages, de poésie, de passions et de plaisirs au fil des pages.
Les éditeurs s’y préparent aussi après cette longue période de doutes et d’incertitude. Alice Dorques et Hubert Delobette s’activent au sein de leur maison d’édition, Le Papillon Rouge. Ils ont ainsi plusieurs nouveautés à leur actif. Dans leur collection déjà bien fournie sur la peinture et les peintres en région - le Salagou, la Camargue, le Grand Montpellier... - ils nous emmènent cette fois en croisière le long du Golfe du Lion, de Marseille à la Côte Vermeille. Nombreux ont été les peintres attirés par la lumière et les paysages du littoral méditerranéen. Les auteurs de cet ouvrage, Robert Faure et Alain Laborieux en ont sélectionné plus d’une centaine qu’ils présentent à travers plus de trois cents reproductions. Plusieurs peintres cités sont célèbres, reconnus et admirés mondialement, tels entre autres Renoir, Van Gogh, Courbet, Cézanne, Matisse, Bazille... D’autres sont plus contemporains tels Bioules, Courdier, Dezeuze, Richarme, Couderc, Huc, Courdier... Sète est bien sûr représenté par les gloires locales, Combas, Di Rosa, Topolino. Quelques dessins, dont de Dubout, et ex-votos, complètent ce panorama qui, sans être exhaustif présente une large palette de styles et de sensibilités. Un très bel ouvrage à la mise en page aérée et dynamique, un cadeau parfait pour goûter en toute quiétude, à la diversité et aux charmes du littoral méditerrannéen.

Michel Puech